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“Techniquement si simple”

Gazogène January 6, 2015 Ni dieu, ni maître, ni homme Comments Off on “Techniquement si simple”
Techniquement si simple

Le cinéaste René Vautier vient de disparaître. Il avait 86 ans et participé, soixante-dix années durant, des maquis antifascistes de 1944 à ceux des Aurès avec l’ALN, à tous les combats du siècle.

Intransigeant, plein de lucidité et de révolte, il a été parmi les premiers à oser montrer les hideux stigmates de l’oppression coloniale (Afrique 50), et à oser en tirer toutes les conséquences en se rangeant au côté des combattants de l’indépendance (Algérie en flammes). Il a aussi été parmi les rares à s’intéresser à la parole ouvrière, non seulement pour en rendre compte, mais aussi pour lui donner de nouveaux moyens d’expression (avec le groupe Medvedkine de Besançon).

René Vautier s’était saisi de sa caméra comme d’une arme précise et puissante, qu’il sentait capable de changer, sinon le monde, du moins la vision que nous en avons. Pour bousculer, secouer, retourner les spectateurs, il pratiquait un cinéma rugueux, et n’hésitait pas à montrer des images dérangeantes. Accrocheurs, les films de Vautier ont gardé tout leur chien, ils mordent toujours, et ils font encore mal.

Il y aurait mille films de lui à montrer, mais nous, on a choisi ce court-métrage-là : Techniquement si simple. Car Vautier réussit là, dans ces dix minutes glaçantes, à condenser toute la violence aveugle de la domination, toute l’inconsciente et mécanique brutalité d’un ordre qu’il a passé sa vie à combattre.

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